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Relations Marocco-Britanniques

Bref Apercu Historique Des Relations Entre Le Maroc Et La Grande-Bretagne

Premiers contacts

Les liens politiques et commerciaux entre le Maroc et la Grande-Bretagne existent depuis longtemps. Les relations diplomatiques entre les deux pays remontent au moins à 1213, lorsque le Roi Jean d'Angleterre envoya des émissaires pour solliciter le soutien de Mohammed el-Nasir, quatrième souverain marocain appartenant à la dynastie des Almohades. Il semble que Mohammed el-Nasir ne fut point impressionné par ce qu'il avait entendu au sujet du roi anglais et qu'il informa les émissaires que le Roi Jean n'était pas digne d'une alliance avec lui.

Liens commerciaux

Les relations se sont améliorées au cours du 16ème siècle, quand en Angleterre la nouvelle se répandit des considérables opportunités de commerce qui existaient au Maroc. La première mission commerciale enregistrée date de 1551-52 avait comme destination Safi et Agadir. Elle était parrainée par des commerçants londoniens qui négociaient du drap anglais et d'autres marchandises contre du sucre, des dattes et des amandes du Maroc. Un commerce hautement lucratif se développa. La Reine Elizabeth I d'Angleterre, qui partageait les mêmes craintes que le Maroc à l'égard de la puissance espagnole, envoya plusieurs lettres à Abd el-Malik et à Ahmed el-Mansour du Maroc.

Le commerce se développa rapidement et les commerçants anglais bénéficiaient d'un statut spécial par rapport aux autres partenaires commerciaux. Le premier agent commercial anglais, Henry Roberts, fut envoyé à la cour marocaine à Marrakech en 1585. Il regagna Londres en 1589 avec Merzouk Rais, émissaire marocain auprès de la Reine Elizabeth I; une cinquantaine de commerçants l'accueillirent et l'accompagnèrent à la cité.

Les premiers ambassadeurs du Maroc à Londres

Au début du 17ème siècle, les relations se compliquèrent quand un groupe de pirates à Salé, connu en Angleterre sous le nom des "Sallee Rovers" commença à faire prisonniers des commerçants anglais. En outre, l'Angleterre occupa Tanger entre 1662 et 1684. Le commerce continua toutefois d'être florissant et plusieurs traités furent signés; des diplomates furent par ailleurs échangés.

Le premier Ambassadeur du Maroc à Londres, Caid Jaudar ben Abdallah, fut nommé en 1637 et le premier Consul anglais au Maroc, Nathaniel Luke, fut nommé en 1657.

Le deuxième ambassadeur du Maroc à Londres, Caid Mohamed ben Haddou Ottur, fut nommé en 1682; il fit grande impression à Londres du fait de sa tenue exotique, sa courtoisie et son talent de cavalier. Il devint membre de la Royal Society et visita l'Université d'Oxford. Un des plus célèbres peintres anglais de l'époque, Sir Godfrey Kneller, fit le portrait de l'Ambassadeur à cheval à Hyde Park.

Les Anglais à Tanger

En 1661, Tanger faisait partie de la dot que le Roi Charles II reçut du Roi du Portugal. Une garnison anglaise y fut stationnée pendant 20 ans, mais les forces marocaines sous Moulay Ismail menèrent la vie si dure à la garnison que les Anglais décidèrent d'abandonner Tanger en 1684.

Traités de paix et de commerce

Les relations furent rétablies sur des bases plus solides au 18ème siècle. Moulay Ismail voulait l'aide des Anglais contre les Espagnols, et les Anglais avaient besoin de l'aide marocaine pour approvisionner la garnison de leur colonie de Gibraltar qu'ils venaient d'acquérir. Un Traité de Paix et de Commerce fut signé à Fès en 1721 et il y eut un échange de lettres entre les sultans du Maroc et les Rois George II et George III de Grande-Bretagne. Dans une de ces lettres Sidi Mohammed du Maroc qualifia l'Ambassadeur de Grande-Bretagne, Mark Milbanke, d'homme de "beaucoup de bon sens, très convenable, agréable et courtois". Milbanke conclut un deuxième Traité de Paix et de Commerce à Fès en 1760.

Les relations se renforcent

Au cours des Guerres de la Révolution Française et de Napoléon (1795-1815) les relations entre la Grande-Bretagne et le Maroc devinrent exceptionnellement importantes. La sécurité de Gibraltar était cruciale pour la puissance maritime britannique et le Maroc considéra la Grande-Bretagne comme son allié contre la menace d'une invasion par la France ou l'Espagne. Au cours du 19ème siècle, la Grande-Bretagne était le plus important partenaire commercial et politique du Maroc. Le Maroc importait du drap, du fer, des armes, de la porcelaine, du thé, du café, du sucre, du chocolat, de l'étain et du papier de Grande-Bretagne et exportait du bétail, des mulets, de la cire d'abeille, du miel, de la soie, du cuir, de l'ivoire et des plumes d'autruche. Jusqu'en 1912 la Grande-Bretagne est restée le plus important marché d'exportation du Maroc et la principale source pour ses importations. (A l'heure actuelle la Grande-Bretagne est le troisième partenaire commercial du Maroc, après la France et l'Espagne et tant les échanges commerciaux bilatéraux que les investissements augmentent rapidement - voire pages commerciales.

Alliés intimes

En raison de ses intérêts à Gibraltar, la Grande-Bretagne souhaitait vivement que le Maroc reste indépendant. La politique britannique, selon un document de 1845, était de 'nous efforcer le plus possible pour aider à soutenir l'autorité du sultan et arrêter tout incident qui pourrait l'exposer à la menace de nouveaux dangers". En 1824 le Sultan Moulay Abderrahman déclara que la Grande Bretagne avait été la meilleure amie du Maroc depuis de nombreuses années. Le Traité et Convention Générale de Commerce et de Navigation signé en 1856 accordaient effectivement à la Grande-Bretagne le statut de la 'nation la plus favorisée' au Maroc.

Des relations remarquablement étroites entre la Grande-Bretagne et le Maroc se sont développées à l'époque des successifs Consuls-Généraux britanniques Edward Drummond-Hay (1829-45) et son fils, Sir John Drummond-Hay (1845-86), qui tous les deux parlaient couramment l'arabe. Dans les années 1840 ils agirent en intermédiaire pour le Maroc avec d'autres pays européens, tels que l'Espagne, la France, le Danemark et la Suède. En 1849 et 1858, ils firent le nécessaire pour que des vaisseaux de la Royal Navy transportent les fils du sultan à la Mècque pour le pélerinage du Hadj. En 1861, ils aidèrent à négocier l'évacuation de Tétouan par l'Espagne. La coopération militaire fut également florissante. Des officiers marocains suivirent une formation militaire à Gibraltar et en Grande-Bretagne en 1875-76 et un soldat britannique, connu sous le nom de Caid Maclean, fut recruté par le Sultan en 1877 pour assister avec la formation de l'armée marocaine.

A sa retraite en 1886, Sir John Drummond-Hay écrivit qu'il n'oublierait jamais la gentillesse des Marocains et il énuméra les représentants du Sultan qu'il comptait comme des amis personnels. Le Sultan Moulay Hassan répondit qu'il considérait Hay comme un ami sincère et qu'il regrettait beaucoup son départ.

Le XXème siècle

Après la retraite de Hay, les relations entre la Grande-Bretagne et le Maroc étaient de plus en plus influencées par la rivalité croissante entre les grandes puissances. Lorsque le Protectorat français fut installé au début du XXème siècle, les intérêts britanniques se limitaient largement à Tanger où la Grande-Bretagne jouait un important rôle dans l'administration internationale de la ville. Une communauté britannique considérable s'y développait et Tanger a longtemps gardé une atmosphère britannique. Pendant la Deuxième Guerre mondiale la Grande-Bretagne et les Etats-Unis voulaient éviter que le Maroc tombe sous le contrôle des puissances de l'Axe. Le Premier Ministre Britannique Winston Churchill et Président Roosevelt des Etats-Unis rencontrèrent le Roi Mohammed V du Maroc à Casablanca en 1943, à l'occasion d'une des plus importantes conférences alliées de la guerre.




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